Au tout début

Rosalie-Cadron-Jetté est née le 27 janvier 1794 à Lavaltrie dans une modeste maison qui se trouve être la résidence familiale. Son mari, Jean-Marie Jetté, qu’elle épouse en 1811, s’y installe la même année. Ils y demeurent jusqu’en 1822, année où ils  procèdent à sa vente car la terre n’est pas assez grande pour permettre à leurs six enfants de s’établir. Ils déménagent donc à deux reprises et s’installent finalement à Montréal en 1827. Rosalie accouche de cinq autres enfants. Malheureusement, sur ses onze enfants, cinq d’entre eux meurent en bas-âge. En 1832, son mari  est atteint du choléra et il n’y survit pas. Rosalie se retrouve veuve avec sept enfants âgés de 1 mois à vingt ans, en plus d’être responsable de sa mère malade.  Dans les années qui suivent, la majorité de ses enfants quitte le foyer familial et  sa mère décède en 1838.

 

Libérée des charges familiales, elle se voue à la prière et aux bonnes œuvres. Elle avait trouvé refuge auprès de Dieu lors des épreuves précédentes et la prière lui avait donné le courage et la force de les affronter.  Elle participe à trois pèlerinages  et rencontre l’évêque Bourget à l’église de Saint-Jacques qui devient son confesseur, confident et guide spirituel.  Il décide de fonder l’hospice de Saint-Pélagie pour venir en aide aux mères célibataires  et fait appel à Rosalie, qui prenait déjà énormément soin de ces dernières, afin de jouer un rôle de premier plan dans cette nouvelle institution. Les conditions de vie de l’hospice sont difficiles, mais grâce  à Antoine-Olivier Berthelet , riche philanthrope, qui devient le principal bienfaiteur de l’hospice, elles s’améliorent et sa contribution financière permet même la construction de l’édifice des Sœurs de Miséricordes . À l’âge de 53 ans, Rosalie et ses sept consœurs de l’hospice prononcent leurs vœux  de religion et  elles forment désormais l’Institut des Sœurs de Miséricorde. La Mère de la Nativité, nom religieux donné à Rosalie, poursuit son travail de soignante auprès des femmes enceintes et continue de soigner les malades à domicile et de visiter les prisons tout en étant conseillère à l’Institut. Elle décède le 5 avril 1864, après avoir passé sa vie à aider les plus démunis et les mères célibataires. Il n’est donc pas étonnant que cette femme dévouée se trouve en voie de béatification.

 

La maison Rosalie-Cadron a rasé d’être détruite en 1996, mais  sous l’instigation  des Sœurs Miséricordes, elle est vendue à la municipalité de Lavaltrie  pour un prix symbolique de 1$ qui la déménage et la placarde jusqu’en 2003. Cette année-là, la Corporation de la Maison Rosalie-Cadron est fondée afin  de sauvegarder la maison ancestrale. Il faut attendre deux années pour que les travaux de restauration débutent et, après un peu plus d’un an, le rez-de-chaussée est accessible aux visiteurs. C’est en mai 2006 que le sous-sol est inauguré avec l’exposition «Les arts domestiques». La Maison a maintenant retrouvé son cachet antique grâce au soutient de plusieurs partenaires  et au travail de nombreux bénévoles. Transportez-vous au début du XIXe  dans cette maison qui a été aménagé avec les meubles et les objets retrouvés à l’époque de Rosalie.